LE MUSÉE DES INCOMPLETS : QUAND TOUT S'EST ARRÊTÉ TROP VITE

Une exposition de André lemire

Du 17 novembre 2022 au 31 décembre 2022

Salle Principale

Le Musée des Incomplets : quand tout s’est arrêté trop vite

"Le musée des incomplets" d'André Lemire se veut une exposition itinérante, sur le modèle des expositions de curiosités de P.T. Barnum, mettant en scène une galerie de portraits mécanisés fragiles, incomplets et partiellement dysfonctionnels, une série d’automates de papier et de carton, montés sur des meubles et présentoirs, grinçants mais animés, activés à distance par le visiteur ou s’activant selon leur propre rythme. C’est une réflexion sur ce que nous ne terminons pas, sur le temps qui s’arrête parfois au mauvais moment, sur la marche imparfaite de toute chose. C’est une rencontre dysfonctionnelle entre le Musée Grévin et Thomas Edison. C’est la fabrication avortée de Pinocchio dans l’atelier du Dr. Frankenstein. Les objets semblent ici chercher à prendre vie, à respirer même parfois, sans toutefois y arriver complètement. L’imperfection du créateur s’est manifestée dans l’imperfection de la créature. Le travail n’a pas été complété. Et pourtant, un semblant de vie se manifeste…

Le travail d'André Lemire se présente comme une réflexion sur une production culturelle de moins en moins portée par l’objet mais par plutôt par une interface technologique qui tend à tout normaliser. Nous avons développé avec la technologie un rapport extrêmement familier qui laisse de moins en moins de place à l’étonnement. Ce rapport est le résultat de plusieurs siècles au cours desquels la spécialisation et le cloisonnement des disciplines ont permis des réalisations technologiques de plus en plus poussées, tout en créant une distance de plus en plus grande entre la technique et son utilisateur. Nous sommes en quelque sorte plus impressionné de voir bouger un automate que de pouvoir se géo localiser. Dans ce contexte, l’objet « bricolé » semble donc plus pertinent que jamais.

Fermier, déménageur, technicien du cirque, estimateur en construction, André Lemire aurait également vuolu être archéologue ou journaliste mais comme il fallait faire un choix, il a fait celui d'être avant tout un artiste. Il s'évertue depuis à constater que le monde est compliqué et à en faire la démonstration par une pratique monastique de la sculpture installation, alliant le dysfonctionnel et l'ambigu, acceptant parfois le brouillon comme forme définitive, et s'articulant autour de la question : Comment faire de la recherche en sachant qu'il n'y a rien à "trouver"?

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